[Lutecium-group] Bonne Année

claudecostiou at free.fr claudecostiou at free.fr
Sat Dec 30 09:22:37 GMT 2006


Que 2007 vous sourît,un peu de tous les jours vous nourrît,le soir d'espoir vous
caressât,halo de sommeil vous éveillât..;entendre les enfants chanter.
Claude Costiou
Selon Natalia Milopolsky-Costiou <sirano at iname.com>:

> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Je vous en prie, kika!Vos propos deviennent étrangement inquiétants. Ce
> que vous ne savez peut être pas - c'est que Lutecium existe depuis des
> années, et qu'elle possède une rare qualité de distinction et de
> l'élégance des réflexions scientifiques des convictions très diverses
> réunies par l'esprit commun de recherche. J'en profite donc pour saluer
> Jacques Siboni, Bruno de Florence, Violaine, Liliane, Frans, JP et tant
> d'autres qui restent fidèles à leur propre dignité.Bonne année, chers
> Luteciens, et vive la science!Natalia
>
>   ----- Original Message -----
>   From: kika
>   To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
>   Subject: Re: [Lutecium-group] Naccache
>   Date: Fri, 29 Dec 2006 19:08:31 -0200
>
>   lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>   Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>   ---
>   et j'insiste un peu sur ce truc car il me semble impensable non pas
>   qu'un
>   neuro-bonhomme qui prétend déclarer la mort de la psychanalyse sans
>   jamais
>   avoir lu Lacan.
>
>   car une journaliste qui n'ait jamais lu RSI de Lacan, ça peut se
>   comprendre,
>   mais une journaliste qui ne s'ait pas demander si peut-être quelqu'un
>   aurait
>   avancé quelque chose sur la notion d'inconscient de Freud, alors
>   c'est
>   quelqu'un à vraiment mettre à la poubelle ou à publié chez "Libé"?
>
>   s'est ainsi que marche le journalisme scientifique, comme ébété par
>   la
>   nouveauté du "grand magasin scientifique"?
>
>   on sait bien comment marche la "science", mais on s'attendait un peu
>   plus du
>   journalisme, du moins de la curiosité, non?
>
>
>
>   ----- Original Message -----
>   From: "JP Bienvenu"
>   To: "'Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne'"
>
>   Sent: Friday, December 29, 2006 3:18 PM
>   Subject: [Lutecium-group] Naccache
>
>
>   > lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>   > Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>   > ---
>   >
>   >
>   > Deux articles de « Libé » susceptibles de vous intéresser.
>   >
>   > JP B
>   >
>   > ____________
>   >
>   >
>   >
>   > « Sigmund Freud s’est trompé en pensant avoir découvert
>   l’inconscient. Ce
>   > qu’il a découvert, c’est le conscient. »
>   >
>   > Clause de conscience
>   >
>   > L’inconscient freudien est-il compatible avec les neuro-sciences ?
>   Entretien
>   > avec Lionel Naccache.
>   >
>   > Par Natalie LEVISALLES
>   >
>   > QUOTIDIEN : jeudi 21 décembre 2006
>   >
>   > Lionel Naccache Le Nouvel Inconscient. Freud, Christophe Colomb des
>   > neurosciences Odile Jacob, 464 pp., 29 €
>   >
>   > La scène se passe dans un laboratoire américain. À la suite d’une
>   lésion
>   > cérébrale, un malade, G.Y., est devenu aveugle dans la partie
>   droite de
>   son
>   > champ visuel. Si on lui présente une image, un visage par exemple,
>   et qu’
>   on
>   > lui demande ce qu’il voit, il répond : « Rien, bien sûr ! » Mais si
>   on
>   > insiste : « D’accord, mais quand même, ce visage, il est apeuré ou
>   neutre
>   ?
>   > », G.Y. répond, au hasard, croit-il, mais sans jamais se tromper.
>   La
>   raison
>   > de ce phénomène stupéfiant, explique le neurobiologiste Lionel
>   Naccache au
>   > début de son livre, le Nouvel Inconscient, c’est que la partie du
>   cerveau
>   > qui lui permet de voir consciemment a été détruite. Mais d’autres
>   régions
>   > celle qui permet de voir inconsciemment, celle qui permet de
>   reconnaître
>   les
>   > émotions sont intactes, même si leurs performances ne peuvent
>   accéder à la
>   > conscience. Voici une expérience parmi les dizaines que Naccache
>   raconte
>   et
>   > qui l’aident à faire petit à petit apparaître devant nos yeux ce
>   qui, dans
>   > nos pensées et comportements de chaque instant, est conscient et ce
>   qui
>   est
>   > inconscient, ce qu’est la conscience et ce qu’est l’inconscient.
>   Une
>   > exploration qui démarre dans le monde des neurosciences et qui
>   emmène le
>   > lecteur jusqu’à la psychanalyse.
>   >
>   > Lionel Naccache, 37 ans, est un spécialiste de la conscience, c’est
>   un
>   > concept qu’il fréquente quotidiennement. En tant que neurologue, il
>   voit
>   > tous les jours des malades qui, d’une manière ou d’une autre, ont
>   des
>   > troubles de la conscience. En tant que chercheur en neurosciences
>   > cognitives, il travaille depuis des années sur des expériences qui
>   > permettent d’isoler les particules élémentaires de la conscience,
>   et de
>   > l’inconscient. « Sommes-nous capables de parler de la conscience
>   autrement
>   > qu’en termes subjectifs ? » demande-t-il au début de son livre. La
>   suite
>   > montre que la réponse est évidemment oui. La conscience et
>   l’inconscient
>   ont
>   > longtemps été la propriété exclusive de la philosophie, puis de la
>   > psychanalyse. Depuis une vingtaine d’années, avec l’arrivée de la
>   > neuropsychologie clinique et des techniques d’imagerie qui
>   permettent de
>   > voir le cerveau penser en temps réel, ils appartiennent aussi aux
>   > neurosciences. Dans les premiers chapitres, Naccache commence par
>   nous
>   > dévoiler, une à une, les propriétés du conscient et de
>   l’inconscient
>   > neurologiques et cognitifs. Certaines nous semblent évidentes,
>   d’autres
>   > moins. On apprend ainsi qu’est conscient ce qui est rapportable («
>   je vois
>   > un oiseau », « je pense à mes vacances »), que l’évanescence est la
>   marque
>   > même de l’inconscient (pour qu’une représentation devienne
>   consciente, il
>   > faut, notamment, qu’elle ait une durée minimale), que les processus
>   > inconscients sont incapables d’engendrer des pensées originales, y
>   compris
>   > dans le fameux cas de l’idée de génie. L’intuition mathématique qui
>   semble
>   > surgir des profondeurs de l’inconscient est toujours précédée d’un
>   très
>   long
>   > et très intense travail conscient, on n’a jamais vu d’idée
>   mathématique
>   > surgir chez un charcutier, ni même chez un génie de la musique.
>   >
>   > Pour chaque concept avancé, Naccache raconte des cas cliniques
>   saisissants
>   > ou des expériences fascinantes d’ingéniosité et de subtilité. Il
>   arrive
>   que
>   > ce soit un peu technique, on peut passer, mais, la plupart du
>   temps, on
>   est
>   > en terrain connu, après tout ce livre nous parle de quelque chose
>   qui nous
>   > est absolument familier : nos idées, comment elles se forment et où
>   elles
>   > naissent. Mais, surtout, il y a dans ce livre un vrai projet
>   pédagogique,
>   un
>   > désir de convaincre en partageant des connaissances. On a le
>   sentiment de
>   > participer à une discussion avec un auteur qui n’est pas seulement
>   un
>   > chercheur brillant, mais aussi un esprit particulièrement humain et
>   curieux.
>   >
>   > La deuxième partie du livre met en place une confrontation de l’
>   inconscient
>   > neurologique avec l’inconscient psychanalytique, tel que Freud l’a
>   décrit.
>   > Naccache le dit dès le départ : il n’est pas analyste et n’a pas
>   été
>   > analysé, il a juste beaucoup lu Freud, et il a aimé cette lecture,
>   ça se
>   > voit. Il parle de Freud avec chaleur et empathie. Comment, se
>   demande-t-il,
>   > quelqu’un qui était, comme lui-même, neurologue, a-t-il pu évoluer
>   de
>   cette
>   > manière ? « Qu’a-t-il pu comprendre d’essentiel qui permette
>   d’établir un
>   > lien direct entre ses premières motivations et ses premières
>   théories de
>   la
>   > psychologie des profondeurs ? [
] Pourquoi a-t-il choisi cette voie
>   ?
>   Cette
>   > question ainsi entendue est à l’origine de mon envie d’écrire cet
>   essai. »
>   > Ce qui est intéressant, c’est que Naccache utilise la démarche
>   > intellectuelle de la méthode expérimentale pour questionner les
>   concepts
>   et
>   > les contenus de la psychanalyse. Il met ses pas dans les pas de
>   Freud,
>   > refait le même chemin, s’oriente avec les mêmes points de repère,
>   qu’il
>   > regarde à la fois avec les yeux de Freud, et avec ceux d’un
>   neurologue qui
>   > dispose des outils et des acquis des neurosciences contemporaines.
>   >
>   > Dans un premier temps, il cherche les convergences sur
>   l’inconscient, et
>   il
>   > en trouve. La psychanalyse, comme la neurobiologie, décrit un
>   inconscient
>   > riche, complexe et divers, toutes deux s’accordent sur le statut
>   > originairement inconscient de toute représentation mentale. Mais,
>   en y
>   > regardant de plus près, c’est autre chose. Au départ, les
>   descriptions de
>   la
>   > conscience et de l’inconscient étaient identiques : la
>   confrontation des
>   > thèses semblait donc légitime, explique-t-il. À l’arrivée, il ne
>   découvre
>   «
>   > pas seulement des oppositions radicales, mais pire », il a
>   l’impression
>   « de
>   > ne pas parler de la même chose ». Deux exemples. Alors que Freud
>   affirme
>   que
>   > les représentations inconscientes sont immortelles, les
>   neurosciences
>   > démontrent l’évanescence de l’inconscient. Mais il y a surtout le
>   > refoulement. Pour Freud, c’est un mécanisme inconscient, qui est
>   doté de
>   > facultés de contrôle cognitif, relève de la stratégie et a une
>   durée de
>   vie
>   > quasiment illimitée. « Si on fait la synthèse de tout ça, dit
>   Naccache, on
>   > arrive à quelque chose qui a une étrange ressemblance avec ce que
>   les
>   > neurobiologistes appellent le conscient. Le gros problème, pour
>   moi, c’est
>   > que le refoulement est un phénomène extrêmement intéressant, mais
>   un
>   > phénomène conscient. » L’inconscient freudien est donc largement
>   > incompatible avec l’inconscient cognitif, conclut-il. Il est
>   évident qu’ «
>   > une bonne partie de l’édifice théorique freudien ne résiste pas à
>   la
>   lumière
>   > de la neurologie d’aujourd’hui. [
] Freud a échoué dans son projet
>   de
>   > décentrage du psychisme humain et dans sa tentative de penser l’
>   inconscient
>   > ».
>   >
>   > Point final ? Pas du tout. Quand il se demande s’il reste quelque
>   chose de
>   > la psychanalyse, la réponse est oui, bien sûr. « Freud s’est trompé
>   en
>   > pensant avoir découvert l’inconscient. Ce qu’il a découvert, c’est
>   le
>   > conscient. » Et, ajoute-t-il, la place centrale de la fiction dans
>   notre
>   > économie psychique. Deux idées qu’il développe dans l’entretien
>   ci-dessous.
>   > On peut ne pas être d’accord avec lui, mais la démonstration est
>   troublante,
>   > extrêmement convaincante. Et surtout, on est impressionné par sa
>   > compréhension et ses intuitions incroyablement justes et fines sur
>   la
>   nature
>   > de la psychanalyse. On est frappé de voir que, de cette position de
>   > neuroscientifique du début du XXIe siècle, il réussit à mettre en
>   lumière,
>   > ou à extraire, des choses qui étaient sous le nez de tous
>   psychanalystes
>   et
>   > neuro-scientifiques, et que personne n’avait vues avant lui, en
>   tout cas
>   pas
>   > aussi explicitement.
>   >
>   >
>   >
>   > ____________
>   >
>   >
>   >
>   > « Sigmund Freud s’est trompé en pensant avoir découvert
>   l’inconscient. Ce
>   > qu’il a découvert, c’est le conscient. »
>   >
>   > Neuroscience-fiction
>   >
>   > Pour Lionel Naccache, nous sommes constamment en train de
>   scénariser le
>   > réel.
>   >
>   > Par Natalie LEVISALLES
>   >
>   > QUOTIDIEN : jeudi 21 décembre 2006
>   >
>   > Vous avez explosé la théorie de l’inconscient freudien. Que
>   faites-vous du
>   > reste de la psychanalyse ?
>   >
>   > J’ai eu envie de mettre entre parenthèses le contenu de la théorie
>   > freudienne pour voir si on pouvait mettre à nu quelque chose de
>   l’activité
>   > analytique. Et, quand on fait ça, c’est spectaculaire, quelque
>   chose
>   > apparaît, qui est, je crois, le cœur de l’œuvre freudienne : on
>   voit la
>   > posture du psychanalyste. Le psychanalyste, c’est un bonhomme qui,
>   lorsqu’
>   il
>   > est confronté à un phénomène de la vie mentale, la sienne ou celle
>   d’un
>   > autre, est dans une posture où il ne cherche pas à décrire, il
>   cherche à
>   > interpréter, à construire un sens. Ce qui compte, c’est : ce que je
>   raconte,
>   > est-ce que ça fait sens ou pas, par rapport à ce qu’on me donne.
>   Pour moi,
>   > l’inestimable héritage de Freud est précisément cette posture
>   consciente
>   > interprétative.
>   >
>   > Quand vous faites ça, la question de savoir si ce que vous dites
>   est vrai
>   ou
>   > faux n’est plus pertinente, ce qui compte, c’est : est-ce que ça
>   vous aide
>   à
>   > produire du sens. Vu sous cet angle, le travail de la psychanalyse
>   est un
>   > travail sur les fictions : on les recueille, on y fait attention et
>   on
>   > essaie d’aider l’analysant à déplacer ces fictions si elles sont
>   pathogènes
>   > pour lui, si elles le fixent quelque part. Le travail
>   psychanalytique est
>   > une tentative d’aider l’analysant à utiliser ses ressources
>   fictionnelles
>   > pour retrouver davantage de liberté dans ses actions et pensées.
>   L’exemple
>   > du rêve est assez génial. Pour Freud, clairement, ce n’est pas le
>   matériau
>   > du rêve qui est le plus important, c’est ce que le sujet fait du
>   rêve,
>   > comment il le raconte. C’est dans la narration même du rêve qu’on
>   voit
>   > apparaître le travail de la conscience du sujet. Cette posture-là
>   est, je
>   > pense, le propre de la psychanalyse, envisagée comme une
>   thérapeutique,
>   mais
>   > aussi comme un rapport à soi, ou une source de connaissance.
>   >
>   > Si je compare Freud à Christophe Colomb, c’est parce qu’il a fait
>   une
>   > immense découverte, et, en même temps, il ne l’a pas tout à fait
>   explicitée
>   > comme telle. Contrairement à ce qu’on pense, Freud n’est pas le
>   découvreur
>   > de l’inconscient, mais d’une des propriétés fondamentales de notre
>   vie
>   > consciente : lorsque nous sommes conscients, nous construisons du
>   sens.
>   >
>   > Si on vous suit, quelles sont les conséquences pour la psychanalyse
>   ?
>   >
>   > D’abord, un constat : la psychanalyse est un travail de
>   construction de
>   nos
>   > fictions conscientes. Freud est vraiment le découvreur du fait que,
>   lorsque
>   > nous sommes conscients, nous passons notre temps à construire des
>   fictions,
>   > à chercher des causalités, à scénariser le réel. Ensuite, une
>   question se
>   > pose. Si on prend au sérieux ce que je dis, quel est le lendemain
>   de la
>   > psychanalyse ? Qu’est-ce que c’est qu’une psychanalyse qui accepte
>   et qui
>   > comprend ça ? Mon intuition et certains des échos que j’ai eus le
>   confirment
>   > est que certains analystes fonctionnent déjà comme ça, ils ont
>   cette
>   vision
>   > de leur pratique et de ce qu’ils manipulent. Par ailleurs, je suis
>   assez
>   > sceptique sur les tentatives d’envisager une cure psychanalytique
>   qui
>   serait
>   > mâtinée d’une approche neuroscientifique, ce n’est pas intéressant.
>   Parce
>   > que le propre de la psychanalyse, c’est de plonger au cœur du
>   sujet, avec
>   ce
>   > qu’il est. Et, quand on est au cœur du sujet, on n’est pas dans des
>   neurones
>   > ou des molécules, on est dans des croyances et des fictions.
>   >
>   > En revanche, si on me suit quand je parle de l’importance de la
>   fiction,
>   on
>   > peut se demander quelles sont les conséquences pour les
>   neurosciences.
>   Cette
>   > interprétation fictionnelle, c’est une des pièces manquantes des
>   théories
>   > scientifiques contemporaines de la conscience. Et, lorsqu’on relit
>   les
>   > connaissances actuelles en neurosciences, on ne peut qu’être
>   frappé. Parce
>   > que, en fait, on dispose déjà d’une neurobiologie de la fiction,
>   même si
>   > elle ne dit pas son nom. Grâce à Freud, on peut déjà établir la
>   véracité
>   de
>   > cette propriété dans la conscience. L’étape suivante, c’est d’aller
>   plus
>   > loin dans la recherche en neurosciences.
>   >
>   > Cette faculté de scénariser le réel, dites-vous, on la voit à
>   l’œuvre,
>   > d’abord chez les malades, ensuite chez nous-mêmes.
>   >
>   > Chez les malades, une fois qu’on commence à chercher, c’est
>   spectaculaire
>   ce
>   > qu’on trouve. L’histoire la plus merveilleuse est peut-être celle
>   racontée
>   > par le neurobiologiste Gazzaniga (voir ci-contre), où on voit la
>   naissance
>   > d’une fiction en labo. Mais on trouve ce genre de fiction dans
>   quasiment
>   > toutes les maladies neurologiques. Dans le syndrome de Korsakoff,
>   une
>   forme
>   > d’amnésie où le patient n’enregistre plus rien, si on lui demande «
>   Vous
>   > avez fait quoi hier soir ? » au lieu de répondre « Je ne sais pas
>   », il va
>   > inventer quelque chose, raconter qu’il était au cinéma avec un ami
>   par
>   > exemple. Ce qui est extraordinaire, c’est que les patients
>   neurologiques
>   > nous mettent sous les yeux ce que nous avons retenu de Freud : la
>   place
>   des
>   > fictions dans nos pensées et nos discours conscients. On le voit
>   d’autant
>   > mieux chez eux que leurs constructions sont fausses. Mais fictif ne
>   veut
>   pas
>   > dire faux. Simplement, quand c’est faux, c’est plus facile à voir.
>   >
>   > Cette croyance-interprétation fonde largement l’économie de notre
>   vie
>   > mentale, chacun d’entre nous est en permanence en train d’élaborer
>   des
>   > hypothèses, des constructions, des fictions. La seule vraie
>   différence,
>   > c’est que, lorsque vous êtes neurologiquement sain, vos fictions
>   sont
>   > contraintes par le réel. Nous incorporons les données du monde
>   extérieur
>   > pour corriger nos scénarios, pour mettre à jour nos fictions. La
>   fiction
>   est
>   > souvent difficile à voir, mais elle apparaît dans les situations où
>   la
>   > réalité extérieure a peu d’effets : les souvenirs anciens, les
>   hypothèses
>   > sur les extra-terrestres, les croyances religieuses
 Nous
>   ressemblons
>   alors
>   > davantage aux patients qui déploient leurs interprétations à l’abri
>   de
>   pans
>   > entiers de la réalité.
>   >
>   > Vous parlez du libre arbitre.
>   >
>   > Si on regarde les choses du point de vue de la conscience et qu’on
>   se
>   > demande où se loge la liberté humaine, il y a quelque chose de
>   vertigineux.
>   > On peut se dire : on manipule des fictions, on y croit, elles
>   guident
>   notre
>   > vie, et, en même temps, elles sont illusoires, ce sont des faits de
>   > croyance. Et pourtant, du fait même qu’on y adhère, ces fictions
>   nous
>   > permettent de gouverner des comportements, des décisions. Peut-être
>   que
>   > notre seul ressort de liberté, c’est ça, cette illusion première.
>   Notre
>   > liberté est quelque chose d’infime, mais c’est là qu’elle se joue,
>   sur une
>   > illusion qui nous donne une toute petite marge de manœuvre. Cela
>   relativise
>   > la notion de liberté, et pourtant, cette part de fiction est la
>   source
>   même
>   > de notre liberté.
>   >
>   >
>   >
>   > _______________________________________________
>   > A question? click Help-Me at lutecium.org
>   > Lutecium-group mailing list
>   > Lutecium-group at lutecium.org
>   > http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
>   >
>
>
>   _______________________________________________
>   A question? click Help-Me at lutecium.org
>   Lutecium-group mailing list
>   Lutecium-group at lutecium.org
>   http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
>
> --
> ___________________________________________________
> Search for products and services at:
> http://search.mail.com
>
> _______________________________________________
> A question? click Help-Me at lutecium.org
> Lutecium-group mailing list
> Lutecium-group at lutecium.org
> http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
>





More information about the Lutecium-group mailing list