[Lutecium-group] RE : un mécène qui voulait payer une psychanalyse à Joyce

Natalia Milopolsky-Costiou namicost at yahoo.fr
Sun Mar 11 09:06:56 GMT 2007


Bonjour,
  Moi aussi, je crois que le désir que l'Amour révèle ne peut pas être empêché par les simples nécessites d'adaptation, surtout si celles-ci sont communes (à l'époque et dans certaines sociétés modernes). Prenons l'exemple de "Anna Karenina" de Tolstoi - une oeuvre  incontestable sur le sujet (je suis très tentée de vous en dire plus, mais reste humblement persuadée que la belle traduction serait tout de même plus généreuse que mon français désespérément intuitif...)
  Bon dimanche,
  Natalia

Liliane Fainsilber <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr> a écrit :
  lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
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Bonjour à tous,

j'ai un trou de mémoire et je cherche depuis trois jours dans quel séminaire 
Lacan parle de ce mécène qui voulait offrir une psychanalyse à Joyce et qui 
lui proposait Jung. Je pensais que c'était dans l'une des deux versions de 
Joyce le symptôme et je ne l'y ai pas trouvé. Si quelqu'un pouvait me 
l'indiquer ce serait sympa... Liliane.

J'ai quand même continué à réfléchir à ce qu'écrivait Maurice hier sur cette 
question de l'amour dans le champ social, il me semble que quelque soit 
l'époque, le fait que les rencontres amoureuses relèvent toujours des 
symptômes de l'un et de l'autre, devrait rester valable, même si les 
mariages étaient, à certaines époques, arrangés, cela ne changeait rien à la 
possibilité du coup de foudre amoureux, éventuellement et de préférence hors 
mariage. Ces symptômes sont la conséquence du ratage de l'absence de rapport 
sexuel, mais aussi et du même coup la réussite de ce qui y supplée, l'amour 
en tant que rencontre entre deux savoirs inconscients.

Dans le roman de Goethe, si on se place du côté de Lotte, on ne sait quel 
son homme/symptôme, si c'est celui que sa famille à choisi pour elle, son 
dit fiancé, ou bien si c'est quand même bien celui qu'elle se refuse, cet 
infortuné Werther. Ils échangent en effet leur première et dernière 
étreinte amoureuse avant qu'il décide de se suicider. Je choisirai le 
second, car c'est justement celui qui témoigne que Lotte s'est affranchie du 
désir parental, qu'elle aurait pu assumer ce qu'il en était de son propre 
désir. Il y aurait donc une sorte de dédoublement de cette fonction du 
symptôme pour une femme. Le premier calqué sur une identification 
paternelle, en quelque sorte résiduellement oedipienne, le second 
correspondant à un "autre" choix amoureux assumé. Bon dimanche à tous. 
Liliane.

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